Examinons la question du risque une autre fois et autrement.
Comparons les risques de détenir quelques titres boursiers individuels, disons 5 ou 6 titres (comme WMT ou AAPL) versus un portefeuille de fonds indiciels diversifiés mondialement (comme l’ensemble des XIU, XSP, XEF et XEC).
J’aborde la question à partir d’un billet à la Loto.
Vous connaissez sans doute Loto-Québec. On peut y acheter un billet de loto 6/49 pour 3$. Le prix pour le gagnant est de 5,000,000$.
C’est un rendement instantané astronomique de 166,666,660% soit un nombre impossible à imaginer. Face à un tel rendement, on pourrait penser prendre beaucoup de risques.
Quel risque prend-t-on au juste? Perdre 3$. Ce risque de 3$ est la version quantifiable et mesurée.
Dans la vie de tous les jours, le risque de perdre 3$ est essentiellement nul car de ne pas gagner n’a pour ainsi dire aucune incidence sur son vécu.
Laissez-moi maintenant conserver le « trophée » à 5,000,000$ et suggérer d’utiliser des économies de son CELI pour acheter 20,000 billets soit une somme de 60,000$.
Pour le même trophée tout-à-fait spectaculaire et un rendement moindre certes mais tout aussi inconcevable de 8,333% (huit milles pourcents), le risque de tout perdre est cependant insoutenable. Personne ne va faire ce pari.
Tournons-nous vers un portefeuille bien diversifié. Le scénario présente des similitudes mais n’est en rien aussi extrême et aussi rapide.
Tout d’abord, le trophée se calcule comme un rendement « espéré historique » et pour une somme de 60,000$ le dit trophée est d’environ $345,650. Vous avez bien lu.
Il s’agit de placer ses économies dans un portefeuille bien diversifié (mondial) pendant 20 ans à un rendement annuel de 9.15% par année (historiquement vérifiable). Si vous préférez, il s’agit d’un rendement total de 576% de la somme au départ.
Quel est le risque dans ce cas?
En utilisant les dernières Chartes Andex 2025, on constate que sur l’ensemble de toutes les périodes de 20 ans depuis 1950, le rendement annuel serait au minimum de 4% et mieux que 15%.
Précisons : de 4% par année pendant 20 ans à 15% par année pendant 20 ans solides.
Ces deux « extrêmes » sont d’ailleurs peu fréquentes. Il s’agit des situations les pires 5% (1 fois sur 20) et des situations les meilleures 5% (1 fois sur 20).
Autrement dit, dans 90% des cas, le rendement est, en gros 9%, plus ou moins 5%.
Ceci place, en toutes probabilités, votre pécule après 20 ans dans la fourchette de $131,470 à $982,000 avec un rendement attendu de $345,650.
Notez que vous conservez mieux que votre $60,000 initial dans le pire des cas et que vous serez le dernier à protester dans le meilleur des cas!
Considérons maintenant un autre cas : celui de choisir de ne pas diversifier.
Un exemple serait celui d’une personne qui « mise » tout son CELI de $60,000 sur un titre boursier seulement.
Ici le rendement de l’action égal en gros le rendement de l’entreprise.
Vous pourriez vous retrouver avec une société qui fait faillite (valeur de $0), une société qui survit avec un rendement médiocre de 1% (valeur de $73,000), une bonne société avec un rendement raisonnable de 8% (valeur de $280,000) et finalement un gagnant exceptionnel avec « quelques millions ».
C’est ce dernier cas qui attire l’investisseur et malheureusement, ce cas est rare à moins d’être devin.
Contrairement au billet de loterie, l’action ne devient pas typiquement sans valeur. Elle représente une participation dans une entreprise réelle, susceptible de produire des bénéfices pendant plusieurs décennies. La distribution des résultats/rendements demeure toutefois extrêmement varié dépendant du choix de LADITE société.
Si la société devient l’un des grands gagnants de son époque, les 60 000 $ pourraient atteindre plusieurs millions de dollars. Mais si elle perd son avantage concurrentiel, s’endette excessivement, subit une rupture technologique ou fait faillite, l’investisseur pourrait perdre une part importante, voire la totalité, de son CELI.
Le risque prend ici une forme particulière. L’investisseur ne prend pas que le risque général du secteur du marché boursier où il investit. Il ajoute le risque propre à une entreprise : ses dirigeants, ses produits, ses concurrents, son bilan financier et les changements qui peuvent toucher son industrie.
Dans un portefeuille mondial, l’échec d’une société est normalement absorbé et dilué par les centaines voire milliers d’autres entreprises détenues. Dans un portefeuille composé d’un seul titre, cet échec devient celui du portefeuille tout entier.
La concentration ne garantit donc pas un rendement supérieur. Elle élargit plutôt la gamme des résultats possibles : possibilité d’un enrichissement exceptionnel, mais également possibilité d’une perte permanente considérable.
La diversification renonce au résultat spectaculaire, mais elle réduit fortement la probabilité qu’une seule erreur compromette l’ensemble du projet financier.
À mon avis, la conclusion philosophique de votre réflexion devrait être celle-ci :
Le risque n’est pas simplement la fluctuation du prix des placements boursiers, la soit-disant « volatilité ».
Le risque est la possibilité que le résultat financier à long terme empêche l’investisseur d’atteindre ses objectifs de vie.
Nous n’avons qu’un billet long terme dans la vie. Disons entre 25 ans (début du travail) jusqu’à 55 ans (préretraite) à moins de croire en la réincarnation…
Cette définition du risque rejoint parfaitement le spectre des options : la loterie, l’action unique et le portefeuille mondial.
C’est à soi de choisir la bonne route et s’y tenir.
Le présent Blogue a fait son choix : le portefeuille mondial.
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Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et à développer votre propre stratégie.
Je ne suis pas un conseiller et les titres que je choisis s’inscrivent dans une politique de placements très diversifiés. Mes choix ne constituent donc pas des « tuyaux » au sens que pourrait donner un spéculateur.
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