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272) Le rôle problèmatique des obligations dans un portefeuille.

  • il y a 12 heures
  • 6 min de lecture

Une réflexion sur les obligations.


La politique d’investissement discutée dans le présent Blogue ne présente aucune allocation d’obligations. 


Pourquoi?


En bref, si on investit à long terme et si on est capable de supporter la volatilité, alors le compromis de renoncer à un meilleur rendement en faveur d’une volatilité réduite m’est apparue disproportionnée. 


J’ai qualifié et quantifié le handicap en question dans un post précédent. 


Et voilà que la situation s’est « empirée » aux cours des dernières années comme le démontre un article du 18 février 2026 sur le site du Fonds Monétaire International.


J’ai repris le texte, l’ai traduit et ai simplifié. Je vous en fait part.


« Répartir les placements entre différentes catégories d’actifs peut réduire le risque et lisser les rendements. La diversification classique entre actions et obligations a historiquement fonctionné parce que ces deux catégories évoluaient en sens opposé.


Lorsque les actions baissaient, les investisseurs recherchaient la sécurité des obligations. Les obligations montaient alors, amortissant les pertes et stabilisant les portefeuilles.



Depuis le début de la période pandémique — avec les chocs d’offre qui ont alimenté l’inflation — les obligations sont devenues moins efficaces pour amortir la volatilité des actions. Au lieu de compenser le risque lié aux actions, les obligations évoluent de plus en plus en tandem avec celles-ci. Ce changement est particulièrement marqué lors des ventes massives soudaines sur les marchés, avec des implications profondes tant pour les investisseurs que pour les responsables des politiques publiques.



La rupture de cette relation historique rend la diversification — comme le portefeuille classique composé de 60 % d’actions et de 40 % d’obligations, ou les stratégies de parité des risques — vulnérable aux chocs.


Les stratégies d’investissement des fonds spéculatifs et de parité des risques qui utilisent l’effet de levier en se fondant sur la relation historique évoluent maintenant de plus en plus en tandem avec les rendements des bons du Trésor, ce qui pourrait les rendre vulnérables à un désendettement forcé. Même des investisseurs institutionnels prudents, comme les fonds de pension et les assureurs, pourraient être exposés à une plus grande volatilité de portefeuille lors des corrections de marché.


Les corrections tendent à être brusques et accompagnées d’une flambée de la volatilité boursière. Cela amplifie les vulnérabilités systémiques, car la volatilité peut alimenter la dynamique des ventes massives en aggravant les contraintes de financement des investisseurs et en forçant le désendettement.


Avec du recul, notre analyse montre que le point de bascule des corrélations est survenu vers la fin de 2019. Avec le début de la pandémie l’année suivante, la relation historique a changé de façon significative, ce qui a eu pour effet que de fortes ventes simultanées d’actions et d’obligations se produisent plus fréquemment.


De 2000 à 2019, la relation inverse entre les rendements attendus des actions et des obligations a aidé les investisseurs à gérer efficacement le risque. Le suivi des rendements attendus standardisés des actions et des obligations par rapport au VIX (Note: c’est l’indice de la volatilité ou de la peur si vous voulez) montre une divergence claire : à mesure que la volatilité augmente, les rendements attendus des actions augmentent, puisque les prix des actions baissent, tandis que les rendements attendus des obligations diminuent, puisque les prix des obligations montent.


C’était le fondement des stratégies de diversification.


La relation modifiée depuis 2020 — les deux catégories d’actifs ayant tendance à être vendues simultanément en réponse à une hausse du stress de marché — renforce le risque lié aux actions aux États-Unis ainsi que, à des degrés divers, en Allemagne, au Japon et au Royaume-Uni.


Cette rupture peut expliquer la gravité des récentes ventes massives sur les marchés : les pertes s’accumulent lorsque les deux catégories d’actifs baissent ensemble.


Les propriétés de couverture amoindries sont de plus en plus visibles dans les fortes hausses de l’or, de l’argent, du platine et du palladium, ainsi que de devises comme le franc suisse. L’or, par exemple, a plus que doublé depuis le début de 2024, les investisseurs ayant recherché d’autres valeurs refuges au cours des derniers mois. Le platine et le palladium ont bondi au dernier trimestre de l’an dernier, ce qui reflète un déplacement de la diversification vers des réserves de valeur non souveraines.


Protection diminuée

Dans un contexte de rupture de la fonction de couverture, une volatilité plus élevée coïncide avec des rendements obligataires attendus plus élevés, les prix reculant fortement dans la période actuelle alors que les investisseurs réévaluent les primes de terme.


Au cours des dernières années, l’augmentation de l’offre d’obligations destinée à financer l’élargissement des déficits budgétaires dans la plupart des économies avancées — un sujet que nous avons également examiné dans le Rapport sur la stabilité financière mondiale d’octobre 2025 — a accru les préoccupations des investisseurs.


Parallèlement, les émissions brutes d’obligations ont dépassé la réduction des bilans des banques centrales, c’est-à-dire les obligations arrivant à échéance sans réinvestissement.


Alors que les banques centrales réduisent leurs avoirs par non-renouvellement, une plus grande part de l’offre obligataire doit être absorbée par des investisseurs privés sensibles aux prix. Cet écart est devenu plus évident depuis la fin de 2023, alors que la réduction des bilans des banques centrales a ralenti tandis que les émissions sont demeurées élevées. Globalement, l’offre absorbée est plusieurs fois supérieure à la réduction des avoirs des banques centrales au cours des dernières années dans les quatre plus grandes économies avancées.


L’inflation étant encore au-dessus de la cible dans de nombreuses économies, les préoccupations budgétaires font de plus en plus augmenter les primes de terme, les investisseurs considérant les obligations comme plus risquées, ce qui réduit leur utilité comme instrument de couverture. Les investisseurs peuvent exiger une compensation plus élevée pour détenir des échéances plus longues, renforçant ainsi la pression à la hausse sur les primes de terme et affaiblissant davantage les couvertures.


Comme l’expansion budgétaire devrait se poursuivre, cette pression à la hausse pourrait être renforcée si les investissements en capital des entreprises sont de plus en plus financés par l’émission de dette. Ces effets pourraient être atténués par une croissance plus forte de la productivité, qui ferait baisser l’inflation et permettrait aux gouvernements d’émettre des obligations à échéances plus courtes.


Défis pour les politiques publiques


Les banques centrales interviendront sans aucun doute pour stabiliser les marchés obligataires durant les périodes de stress extrême, mais cela comporte des limites. Le recours aux mesures d’urgence peut mener à une prise de risque excessive et affaiblir la discipline de marché.


Une solution plus durable, visant à rétablir les propriétés de couverture des obligations souveraines, exige une discipline budgétaire. Les niveaux élevés d’endettement à l’échelle mondiale et les trajectoires budgétaires incertaines affaiblissent le statut de valeur refuge des titres gouvernementaux. Sans cadres budgétaires crédibles, les obligations ne peuvent pas servir d’ancrages fiables dans des marchés turbulents.


Les banques centrales doivent également s’engager à assurer la stabilité des prix. La hausse inattendue de l’inflation depuis 2020 a été un facteur clé du renversement des corrélations entre actions et obligations.


Les organismes de réglementation devraient aussi intégrer des scénarios de rupture des corrélations dans les tests de résistance. Les institutions financières doivent se préparer à l’échec de la diversification traditionnelle, puisque les modèles calibrés sur les corrélations historiques peuvent sous-estimer les nouveaux risques.


Repenser le risque


Avec une diversification amoindrie, les investisseurs doivent construire des portefeuilles qui tiennent compte du changement des corrélations.


Des stratégies alternatives — comme l’intégration de matières premières ou d’actifs privés — peuvent offrir des solutions partielles, mais elles comportent leurs propres complexités et risques.


Les responsables des politiques publiques font face à des défis encore plus grands. Le maintien de la stabilité financière dans un contexte de risque élevé de corrélation exige des cadres crédibles de politiques budgétaire et monétaire, des tests de résistance robustes et une communication claire afin d’ancrer les attentes. Si la diversification échoue, la volatilité peut se propager en cascade vers une instabilité financière plus large. Les investisseurs et les responsables des politiques publiques doivent repenser la gestion du risque pour une nouvelle ère où les couvertures traditionnelles échouent. »





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Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et à développer votre propre stratégie. 


Je ne suis pas un conseiller et les titres que je choisis s’inscrivent dans une politique de placements très diversifiés.  Mes choix ne constituent donc pas des « tuyaux » au sens que pourrait donner un spéculateur.

 
 
 

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