287) Pourquoi il faut regarder la valeur intrinsèque d'un titre avant d'acheter.
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La valeur et le prix d’une action sont deux notions importantes.
Une idée classique en finance est celle de l’hypothèse des marchés efficients. Selon cette théorie, les prix des titres cotés en bourse reflètent rapidement et correctement toute l’information disponible.
Si cette hypothèse était toujours parfaitement vraie, le prix d’une action serait, en quelque sorte, la meilleure estimation possible de sa valeur réelle. Acheter une action au prix du marché ne poserait donc pas de problème particulier, puisque ce prix incorporerait déjà toute l’information pertinente.
La réalité me semble toutefois plus nuancée. Les marchés boursiers sont parfois influencés par des phénomènes qui dépassent l’analyse rationnelle des bénéfices futurs d’une entreprise.
On l’a vu avec les actions dites « mèmes », avec certains emballements technologiques, ou encore avec des périodes où les investisseurs semblent acheter simplement parce que les prix montent déjà. Dans ces situations, le prix en bourse peut s’éloigner de la valeur intrinsèque raisonnable d’un titre.
C’est ici que les travaux de Xavier Gabaix, de l’Université Harvard, et de Ralph S. J. Koijen, de l’Université de Chicago, deviennent particulièrement intéressants.
Dans leur étude sur l’hypothèse des marchés inélastiques, ils soutiennent que les prix des actions ne sont pas seulement déterminés par les attentes concernant les bénéfices ou les dividendes futurs.
Ils peuvent aussi être fortement influencés par les flux de capitaux entrant ou sortant du marché.
Leur recherche estime qu’un dollar d’argent frais investi dans les actions peut faire augmenter la valeur globale du marché de plusieurs dollars, ce qui montre à quel point les prix peuvent être sensibles aux mouvements d’achat et de vente.
Cette idée aide à comprendre pourquoi les prix peuvent devenir élevés, même sans amélioration équivalente des perspectives fondamentales des entreprises. On peut imaginer trois grands types d’investisseurs.
Il y a d’abord les investisseurs qui suivent la tendance : ils achètent quand le marché monte et vendent quand il baisse. Il y a ensuite les investisseurs institutionnels ou les régimes de retraite qui maintiennent une répartition fixe, par exemple 60 % en actions et 40 % en obligations. Enfin, il y a les investisseurs de valeur, qui préfèrent acheter seulement lorsque les titres deviennent vraiment bon marché.
Dans un marché haussier, ces comportements peuvent se combiner pour faire monter les prix davantage : certains acheteurs poursuivent la tendance, tandis que d’autres ne vendent qu’à des prix plus élevés.
Pour un investisseur individuel, la leçon est importante.
Il ne suffit pas d’aimer une entreprise, ni même de croire qu’elle est de grande qualité. Une excellente entreprise peut devenir un mauvais placement si elle est achetée à un prix trop élevé. À l’inverse, une entreprise solide achetée à un prix raisonnable peut offrir une meilleure marge de sécurité.
Dans le cadre de ma politique de placement, j’en tire une règle pratique : avant d’acheter un titre, il faut comparer son prix de marché à une estimation raisonnable de sa valeur intrinsèque.
Pour ce faire, les rapports d’analyse de Morningstar peuvent être utiles, notamment lorsqu’ils présentent une estimation de juste valeur, une cote d’évaluation ou une opinion sur la marge de sécurité. L’objectif n’est pas de prétendre que cette estimation est parfaite. Il s’agit plutôt d’éviter d’acheter aveuglément un titre simplement parce qu’il est populaire ou parce que son prix monte.
Concrètement, si un titre de ma liste de placement paraît nettement surévalué, je peux choisir d’attendre ou d’acheter plutôt un autre titre déjà prévu dans ma politique de placement. Cette approche ne cherche pas à prédire les mouvements quotidiens du marché. Elle vise plutôt à introduire une discipline simple : acheter de bonnes entreprises, mais seulement lorsque le prix demeure raisonnable par rapport à la valeur estimée.
La conclusion est donc la suivante : les marchés sont puissants, mais ils ne sont pas toujours parfaitement rationnels. Les flux de capitaux, les modes et les comportements collectifs peuvent pousser les prix à des niveaux élevés. Pour l’investisseur patient, cela ne signifie pas qu’il faut éviter la bourse. Cela signifie plutôt qu’il faut acheter avec discernement, en gardant toujours un œil sur la valeur intrinsèque.
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Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et à développer votre propre stratégie.
Je ne suis pas un conseiller et les titres que je choisis s’inscrivent dans une politique de placements très diversifiés. Mes choix ne constituent donc pas des « tuyaux » au sens que pourrait donner un spéculateur.
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