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  • 117) Connaissez-vous SPIVA?

    CONNAISSEZ-VOUS SPIVA? VOUS AURIEZ INTÉRÊT À LE CONNAITRE! SPIVA est un acronyme, un autre… Le SP se réfère à Standard&Poor. Il s’agit de la firme qui « fabrique » des indices boursiers pertinents. On lui doit une fière chandelle. Avec des indices fiables, comme le célèbre S&P500 qui mesure la valeur des 500 plus grandes entreprises américaines, nous avons un très bon estimé du comportement de ces importantes entreprises en termes de valeurs boursières au sein de l’économie américaine, des rendements boursiers de ces entreprises au gré du temps et de l’évolution de pratiquement l’ensemble des sociétés américaines. L’autre partie de l’acronyme, « IVA », n’est pas le nom d’une chanteuse. Les lettres se réfèrent à Indices Versus Actif. On parle de gestion de portefeuille INDICIELLE VERSUS de gestion de portefeuille ACTIVE. Dans le premier cas, l’investisseur décide de placer ses économies dans un fonds indiciel négocié en bourse comme le XSP de la politique de placement pour obtenir la diversification et les rendements de l’indice S&P500 justement. Dans le deuxième cas, il remet son portefeuille à une équipe de gestionnaires qui tenteront de faire mieux que les rendements de l’indice en question. C’est pour cette raison qu’on parle de gestion active car le gestionnaire pourra choisir des titres différents dans l’espoir de faire mieux que l’indice. On parle ici de fonds mutuels, de gestion « privée, de fonds FNB non indiciels, de gestion via le personnel de la succursale ou la caisse locale. SPIVA mesure depuis 20 ans la performance du portefeuille INDICIELLE versus la performance des gestion ACTIVE. En fait au sens strict, SPIVA mesure la performance au regard des indices eux-mêmes. Mais comme aujourd’hui on peut acheter un fonds indiciel à très bas coûts facilement, cela revient à mesurer la performance d’une stratégie FNB indicielle versus gestionnaires actifs. Le résultat en deux mots est que les gestionnaires ne sont pas à la hauteur. Vous pouvez consulter le site web de SPIVA ici ou en faisant google. SPIVA | S&P Dow Jones Indices (spglobal.com) Avec quelques minutes vous allez retracer la comparaison « par régions » incluant les États-Unis, le Canada et autres régions. En bref, les gestionnaires NE FONT PAS mieux que les fonds indiciels dans une large proportion, soit 93.4% aux USA et 84.9% au Canada. Vous aimeriez peut-être investir avec les très peu nombreux (10%) gestionnaires qui font mieux que les indices mais vous ne savez pas à l’avance avec qui faire affaire et ils changent d’année en année. Bref, avec une stratégie comme les 4 X, vous avez diversification (contrôle des risques) et rendements performants (les rendements des indices) et « pas de soucis ». Le prochain Post portera sur l’immobilier au Canada. Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie.

  • 116) La fameuse volatilité apprivoisée une fois pour toute!

    La volatilité : un mal nécessaire mais aussi une occasion. La seconde notion, avec la loi des grands nombres, qui a une saveur statistique et probabilistique est la volatilité. Que veut-on dire par volatilité? Il s’agit des rendements sur les placements et la façon dont ces rendements se comportent, par exemple, d’années en années. Concrètement, un placement pourrait bien vous rapporter 11.2% par année au cours des dernières dix années, il appert cependant que le rendement à chacune des années, a, quant à lui varié énormément. Possiblement vous avez enregistré des années avec des rendements de moins 25% voire moins 30% et des années avec plus 10%, plus 30% et plus 40%. Pour l’investisseur, il s’agit d’une situation d’inconfort si ces variations sont nouvelles pour lui. Il a l’impression de ne pas être en contrôle. Pourtant, à long terme, les placements boursiers donnent les meilleurs rendements, pour peu qu’on soit patient. La première photo plus bas donne une idée de la volatilité des rendements. Le rendement médian sur une période a pu être de 11.2%, il reste que les rendements annuels se sont retrouvés sur une « plage » telle que, dans 90% des cas, ils se regroupent dans la zone pleinement colorée. Dans certains cas, les (5%) en haut et les (5%) en bas sur le diagramme typique peuvent être extrêmes. Je partage avec vous une connaissance que j’ai acquise il y a près de 20 ans auprès de consultants renommés. Vous pouvez considérer que le prix d’un titre listé à la bourse (indirectement son rendement) est sous l’influence de trois aléas : (i) les déboires ou les bons coups de la société elle-même (ii) les effets de son industrie et finalement (iii) les marchés territoriaux que ce soient le Canada, les É.U. ou le globe. Prenons la Banque Royale (RY) à titre d’exemple. Elle pourrait avoir divulgué des résultats trimestriels comportant des prêts douteux en hausse dramatique alors que ses concurrents s’en sont bien tirés. Le prix de son action (RY) chute alors que les prix des titres de ses concurrents s’en tirent sans dommage. Dans une autre circonstance, le Bureau du surintendant des institutions financières canadiennes institue une nouvelle norme plus restrictive affectant le futur des banques. Alors le prix de RY et ceux des cinq autres grandes banques canadiennes s’en trouvent affectées sans qu’aucune d’entre elles aient fait quoique ce soit individuellement. Les marchés en général n’ont pas bougé, quant à eux. Finalement, une crise planétaire comme la Covid s’installe. Toutes les compagnies incluant RY voient le prix de leurs titres fortement en baisse. Voici donc une représentation facile à retenir, les trois composantes déterminent le prix de RY. Maintenant, pensez que vous détenez 1000 titres. Si vous avez un portefeuille diversifié alors les composants i) et ii) sont neutralisés par la loi des grands nombres. Il reste le composant iii) soit les marchés en général. La volatilité de vos placements diversifiés est la volatilité des marchés. Lorsque vous investissez ainsi dans les marchés, vous devez accepter que toutes les vicissitudes des activités humaines et autres problèmes affecteront ceux-ci et les prix des actions. En contrepartie, vous pourrez vous mériter des rendements à long terme parmi les meilleurs. Pour illustrer la volatilité du marché canadien (en rouge) et du marché américain (en bleu) pour une période de 10 ans, j’ai inclus plus une photo basée sur 643 périodes de 10 ans entre 1950 et 2013. Cela donne une idée. J’insiste pour dire qu’il s’agit de tranches de 10 ans et non de tranches d’un an. Pour citer Warren Buffett : « Si nous sommes un investisseur à long terme, les variations annuelles des rendements ne nous intéressent pas vraiment parce que de toutes façons, nous allons conserver notre portefeuille ». Possiblement, nous serons peut-être ardents à l’achat dans les périodes creuses, car les titres sont à rabais. Autrement nous restons cois. Je vous présente les rendements de mon REER depuis 1979 à 2022, donc sur une période de 41 ans. Je le fais sur une base « cumulative depuis 1979 ». Cependant je le montre que depuis 1999 pour réduire l’image. Comme vous le voyez, le rendement sur la période de 41 ans est d’environ 8% par année, rendements composés. On voit bien qu’il y a moins de variance sur le « cumul » avec cette façon de présenter la situation. La Covid de 2020 a fait fléchir un peu le calcul et le tout est redevenu à la normale depuis. Si je me fie à l’âge de mon père comme référence, il me reste un bon 20 ans encore à surveiller ce compte qui deviendra un FERR bientôt. Bref, je vis bien avec les rendements volatils sachant qu’ils sont plus une occasion de temps à autres qu’un handicap et qu’il s’agit d’un inconfort tolérable pour obtenir les « bons » rendements. J’espère que vous pourrez voir les choses du même angle. J’aimerais terminer en faisant référence au décaissement dans ce cas précis. Il faut tout de même anticiper de libérer un peu des fonds nécessaires aux retraits programmés d’un FERR afin de ne pas se faire surprendre au mauvais moment. Un dernier commentaire est que je n'ai pas eu le plein contrôle sur la politique de placement au cours de ces années, surtout au début ou mon employeur s'occupait de mes placements... Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie.

  • 114) Les leçons de Benjamin Graham

    QUE RETENIR DE BENJAMIN GRAHAM? Si vous demandiez quel serait LE LIVRE à lire comme investisseur, présumant que vous ne deviez en lire qu’un seul, on vous suggérerait probablement « L’investisseur intelligent » de Benjamin Graham. Dans le présent Post, j’espère vous épargnez cette tâche. Bien sûr, vous pouvez lire ce célèbre ouvrage. Mais si le temps vous manque, je crois qu’il y a trois idées essentielles à retenir dont voici le résumé. Le premier point et je dirais le plus important est le regard que vous portez sur vos placements en bourse. En achetant des actions (cotées en bourse ou pas) vous devenez propriétaire à part entière d’une entreprise. Vous n’achetez pas un outil de spéculation. Vous n’êtes pas au casino. Votre propriétariat est modeste et proportionnel aux nombres d’actions que vous possédez sur le total des actions émises et en circulation. Mais vos droits sont entiers et vous avez ainsi une emprise sur les profits de ladite compagnie. Aujourd’hui le 24 août 2023, si vous possédez 100 actions de la Banque Royale, vous constatez que le prix du titre est de 122.62 CAD. Votre placement est donc de 12,262 CAD. Mais ce n’est pas ce qui vous importe vraiment. Vous constatez également (voir photo à la fin) que le Bénéfice Par Action (BPA) est de 10.13 CAD par action depuis les 12 derniers mois. C’est donc une somme de 1,013 CAD pour un an. C’est à vous! Cela n’est pas une somme pour « une fois ». Non, il s’agit d’un droit aux bénéfices année après année, ad vitam aeternam! C’est une machine à imprimer des dollars, qu’on appelle des « profits ». En examinant la photo au bas de ce Post, vous constatez également qu’un dividende de 1.35 CAD par action vous est remis à chaque trimestre. Total pour l’année 5.40 CAD par action ou 540 CAD par année. En gros, RY fait 10.13 CAD par action de profit et vous en remet environ la moitié soit 5.40 CAD. Vous pouvez faire ce que vous voulez avec le « cash », entre autres, le réinvestir serait une bonne idée. L’autre partie du profit, RY la conserve car elle vous réserve des projets « payants, payants » à l’interne et probablement plus payant que ce que vous allez faire avec votre dividende. RY travaille pour vous, très fort, tout le temps. J’ai rencontré certains d’entre vous en « présentiel » en 2010. Nous avons acheté ensemble des actions de RY. À l’époque, le prix du titre était 55.82 CAD, le profit était de 3.49 CAD par action par année et le dividende était de 2.00 CAD par action par année. Prenez une minute pour comparer avec aujourd’hui… En 2018, nous nous sommes revus et RY se transigeait à 94.07 CAD par action, le bénéfice était de 8.22 CAD par action par année et le dividende était de 3.92 CAD par action par année. Nouvelle pause pour comparer. Constatez la tendance… Êtes-vous vraiment intéressés à vendre vos actions pour le gain en capital? Non, absolument pas. Moi non plus. En fait nous sommes plutôt enclins à acheter « un petit peu plus » de RY si nous le pouvons. Nous sommes les proprios… et on aimerait avoir toutes les actions de RY en fait! Bon, OK, il faut diversifier. Le deuxième point est la question de l'ATTITUDE vis-à-vis le MARCHÉ BOURSIER. La Bourse est un mécanisme de découverte des prix des actions, essentiellement un immense encan en continu. Il y a le prix du titre, visible et instantané. Mais il y a aussi la Juste Valeur Marchande (JVM) du titre. Celle-ci est moins évidente mais calculée périodiquement par l’analyste comme MorningStar. Visitez votre plateforme de courtage pour la JVM. L’investisseur n’est pas très intéressé en général aux fluctuations du prix de ses placements sur les marchés. Il est plutôt intéressé aux Bénéfices Par Action, aux dividendes par action et en particulier au progrès de ces deux dimensions au fil des années. Il est surtout intéressé à la qualité de la société en question (gestionnaires chevronnés, positionnement concurrentiel, ratio de dettes raisonnable, perspectives de croissance, etc.) Le moment où l’investisseur s’intéresse au prix de l’action sur le marché est lorsqu’il doit vendre pour une raison ou une autre. Un exemple est le cas du décaissement pour vivre lorsqu’à la retraite. Il pourrait choisir en premier lieu de vendre des titres qui sont à prime par rapport à leur Juste Valeur Marchande. Mais pour l’épargnant qui est loin de la retraite/décaissement, le prix sur la bourse peut être utilisé pour acheter des titres à rabais en maintenant la bonne diversification en tout temps. Le MARCHÉ peut nous aider en offrant des titres à rabais (le marché ne doit pas nous mener par le bout du nez). Le MARCHÉ est un outil pour l’investisseur intelligent. La troisième idée d’importance de ce livre est celle de la « MARGE DE SÉCURITÉ ». Avec toutes les vicissitudes des marchés par encan, les prix sont souvent incompréhensibles et découplés de la valeur réelle des entreprises. Pour cette raison, il y a lieu d’acheter des titres avec une certaine marge de sécurité par rapport au prix payé à l’achat. Ce n’est pas toujours facile d’acheter à rabais pour se protéger avec une marge de sécurité. Il faut tout de même prendre connaissance des rapports de l’analyste afin de comparer le prix à la Juste Valeur Marchande (JVM) et décider d’agir ou de « passer notre tour » quant à ce titre, quitte à y revenir plus tard. Avec une politique de placement d’environ 100 titres comme discuté dans les Post précédents, il est intéressant de constater qu’il y a très souvent un choix bien raisonnable et bien garni de titres à rabais (4 ou 5 étoiles MorningStar). Il se peut qu’on « rate des occasions » en n’achetant pas le titre de l’heure ou la « darling » de Wall Street, laquelle est dispendieuse. So what! Il reste bien d’autres possibilités et après les années, notre portefeuille finira bien par devenir diversifié et peuplé de nombreux titres achetés à rabais (au moment de l’achat). La marge de sécurité améliore la qualité de notre sommeil, si je puis dire. Je concède qu’avec un portefeuille composé de Fonds Négociés en Bourse indiciels comme une politique des « X », ce que je viens de décrire n’est pas accessible. Dans ce cas, la meilleure approche reste tout de même d’investir par des achats « programmés automatiquement » comme à chaque semaine ou à chaque mois. On n’essaie surtout pas de « synchroniser le marché » car « timer le marché » est connu et documenté comme une stratégie perdante. Voilà, ramenés à du concret, ce que sont les gestes à poser ou ne pas poser si vous adhérez aux trois idées maitresses de l’investisseur intelligent de Benjamin Graham: vous êtes le proprio, vous utilisez le marché à vos fins et vous visez une marge de sécurité lors de l'achat. C’est somme toute simple. On lui doit beaucoup d’avoir débroussailler l’immense cacophonie des marchés boursiers pour nous signifier du doigt la direction à prendre. Merci Ben! Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie. P.S. la banque RY a annoncé ses résultats le 24 août 2023 pour le troisième trimestre. Lisez ce qu’en dit LaPresse. Reconnaissez les paramètres discutés plus haut à la lumière de cette mise à jour. Si vous avez des actions de RY, sachez apprécier les efforts de la direction et de ses employés (près de 100,000) pour maintenir le navire dans la bonne direction malgré le mauvais temps que créent les créances douteuses sur les prêts.

  • 112) Éviter les erreurs

    ÉVITER DES ERREURS BIEN SIMPLES PEUT NOUS AIDER. Voilà un concept très simple et évident me direz-vous? Plus facile à dire qu’à faire, je vous répondrai. Charlie Munger, le partenaire du légendaire Warren Buffett, disait lors d’une entrevue que bien qu’ils aient fait des erreurs, ils ont tenté d’en faire moins que les autres investisseurs en restant dans leur « cercle de compétence ». Ce cercle est ce qu’ils connaissent bien. Ils évitent de s’aventurer ailleurs, même si des occasions énormes miroitaient au loin ou tout près. Pour nous, petits investisseurs, nos compétences sont très limitées et limitantes. Essentiellement, il nous faut rester dans la patinoire de la bonne diversification des placements autour de la planète tout en étant très patient. Ceci s’obtient facilement avec la stratégie des 4 « X », soit avec une pondération réaliste de solides fonds négociés en bourse (FNB) INDICIELS ayant de BAS FRAIS annuels. Je pense à XIU, XSP, XEF et XEC par exemple. Une autre façon est celle de détenir des titres individuellement « pigés à même les constituants des indices en question », ceux qui guident les quatre fonds mentionnés justement. Lorsque j’en ai fait la sélection (environ 100 titres), un critère m’intéressait particulièrement : celui de détenir des compagnies ayant un ou des avantages concurrentiels. Voici pourquoi je vous en reparle. Laissez-moi vous résumer la petite histoire d’une erreur faite par Warren Buffett, qui a justement négligé de vérifier si la compagnie qu’il a achetée présentait ou pas un avantage concurrentiel pertinent. En 1993, Buffett décidait d’acheter la compagnie de chaussures Dexter Shoes pour 433 millions USD. Il décida de payer avec des actions de sa compagnie BERKSHIRE plutôt que de payer comptant. Au moment de la transaction, une action de BRK valait 17 USD. Le 15 août 2023, BRK.A se transige à 540,000 USD. Je n’ai pas fait d’erreur dans les deux prix, vous avez bien lu. Buffett n’en était pas à sa première acquisition en général. De plus, il connaissait le domaine de la chaussure ayant acquis H.H.Brown en 1991. Buffett ne trouvait que des qualités chez Dexter Shoes : « une longue et profitable histoire, une franchise durable et un management superbe ». Cependant, bien qu’au courant des défis de Dexter, il était un peu en dehors de son fameux cercle de compétence selon son biographe. Il a négligé et sous-estimé le rôle de l’importation des chaussures depuis l’extérieur des États-Unis et année après année, Dexter Shoes a périclité. En 1999, les ventes avaient baissé de 18% et les profits de 57%. En 1999 les Américains importaient 93% des souliers, fabriqués ailleurs à bas coûts. L’erreur était double : pas d’avantage concurrentiel au sein de Dexter suffisamment solide pour contrer les bas coûts de fabrication et SURTOUT d’avoir payé avec des BRK, un cadeau inestimable fait au vendeur au détriment de l’acheteur (une occasion ratée de plus de 6 milliards USD s’il avait gardé ces actions utilisées en paiement versus emprunter la somme). Dans la liste des titres individuelles de la politique de placement, vous noterez que la vaste majorité des titres présentent un ou des avantages concurrentiels (parmi les 5 types d’avantages les plus courants). Cela me procure une certaine paix d’esprit, je dois dire. Même dans les fonds indiciels, plusieurs entreprises ont des avantages. Bref, restons alertes aux erreurs, particulièrement lorsqu'on décide de s'éloigner de sa stratégie de placements. Pensons aux souliers de Warren! Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie. P.S. Le lac Tremblant, cet été.

  • 111) Le courtermisme et le long terme

    LE COURT-TERMISME. Voilà un mot inventé de toutes pièces. Je visais à capter votre attention. Lorsqu’elle marche dans les rues occupées d’une ville, une personne âgée, comme moi, a tendance à regarder avec attention le sol immédiatement devant elle. C’est que le corps a appris, avec l’expérience, qu’une aspérité peut entrainer une chute fatale. Les réflexes qui sauvent sa petite fille de 10 ans d’une chute dans ces circonstances, ne sont plus là à 70 ans. Mais cette personne âgée est moins attentive à la circulation des véhicules qui l’entourent et aux distractions des conducteurs. Certaines en meurent. Dans le domaine des placements, le court-termisme est souvent un handicap également. C’est le gain immédiat, rapide, spectaculaire. Qu’on réussisse « un bon coup » ou qu’on « perde sa chemise », il semble qu’on ne tire pas la leçon. L’appât du gain facile revient au galop. Pourtant, la conclusion des « sages » et le résultat concret des études et des expériences convergent vers une vision long terme. Une attitude nécessaire pour s’enrichir consiste à être patient. Un placement dans des sociétés comme PFIZER, WALMART, BANQUE ROYALE, TELUS, etc. est un droit aux profits présents et futurs que génèrent ces entreprises. Nous ne possédons qu’une petite fraction de l’entreprise mais nous avons tous les bénéfices proportionnellement au nombre d’actions que nous détenons. Ce sont les profits ultimement qui « drivent » le prix des actions. Le matin, il y a plus de deux millions d’employés (associés) chez Walmart qui se lèvent et vont travailler pour servir les clients et supporter la stratégie de la firme. J’aime à penser qu’ils sont un peu « mes » employés. Je peux lire leur intérêt. Ils veulent gagner leur vie comme tout le monde et assurer le bien-être des leurs et d’eux-mêmes. Je suis prêt à leur donner toutes les chances pour réussir. Conséquence : je dois être très patient avec mes actions car le prix de celles-ci est fonction des profits et les profits vont fluctuer à court terme. Ce qui compte : la bonne stratégie de l’entreprise (offrir les meilleurs prix), les avantages concurrentiels (l’économie d’échelle et le pouvoir de négocier les meilleurs coûts avec les fournisseurs) et le leadership de la direction. Pour le reste, le temps fera son œuvre. Je n’ai pas fait le décompte de tous les employés des nombreuses sociétés que je possède via des actions listées en bourse. Sans doute des millions. Avec la diversification, je détiens au moins une centaine de stratégies d’entreprises couplées à des avantages concurrentiels différents et nombreux. La marmite doit avoir le temps de mijoter. J’aime à penser que ce patrimoine doit être conçu pour survivre aux générations. Je vois les choses à très long terme. Oui, je dois prendre soin du portefeuille de placements régulièrement : réinvestir les liquidités et les nouvelles économies, m’assurer de l’exactitude de rapports, maintenir la diversification, mesurer les rendements de temps à autres, comprendre la fiscalité des comptes et des titres, etc. C’est routinier et franchement pas très excitant comme activités. C’est nécessaire, comme sarcler un jardin. Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie. P.S j'ai acheté des actions de WMT, il y a plus de 10 ans en 2010 au prix de 50 USD. Depuis, WMT me paie des dividendes. Les profits s'accroissent au fil des années. Naturellement le prix de l'action fluctue mais a suivi. WMT fait sa place même dans l'alimentation voir l'autre tableau. WMT c'est un bon cheval de trait.

  • 110) L'ancrage

    L’ANCRAGE : UTILE MAIS ATTENTION. En psychologie, l’ancrage est une forme d’association qui se développe dans le cerveau et qui devient un biais cognitif. Un ami m’invite à un restaurant XYZ près du Stade olympique de Montréal. Si je m’y rends en automobile et tourne un peu dans les environs, je vais probablement le trouver, sans même utiliser l’adresse ou internet. Le Stade est l’ancre qui m’aide à le trouver car je sais déjà comment m’y rendre. Sur le manche de la guitare, un accord de Mi requiert de placer le majeur sur le deuxième fret de la cinquième corde. L’accord de Si7, qui est dans la gamme de Mi, requiert également de placer le majeur au même endroit. Autrement, tous les autres doigts ne sont pas aux mêmes endroits entre les deux accords. Pour passer de Mi à Si7 rapidement, tous les guitaristes savent que le majeur est un ancrage utile. Pour les biens qui ont des valeurs difficiles à déterminer comme des œuvres d’art, des résidences, etc. l’intermédiaire utilise des ancres. Cette maison est annoncée à $500,000. L’agente mobilière vous fait la tournée des lieux et vous déclare qu’il y a déjà d’autres acheteurs intéressés qui l’ont visitée et que cette maison fera possiblement l’objet d’un encan. Si vous aimez vraiment cette maison par rapport aux autres dans le coin, le montant de $500,000 est en soi une ancre maintenant dans votre cerveau. Si vous avez été sensible à son histoire d’encan, non seulement vous pensez au montant mais vous le voyez comme un minimum. Bien jouée, madame l’agente. En matière d’économies et de placements, l’ancrage fait son chemin également. J’en ai déjà parlé à plusieurs d’entre vous. L’ancrage (problématique) par excellence est le coût d’achat du titre d’une compagnie. Cas A, vous devez vendre un titre à 100$ par action alors que vous l’avez payé 50$ il y a quelques années. Cas B, vous devez vendre un titre à 100$ par action alors que vous l’avez payé $250 il y a quelques années. Que choisirez-vous? Réponse : bien que les coûts d’achat soient différents, ils ne devraient pas être pris en compte. (Présumons que ces titres sont dans un REER et qu'ainsi l’impôt n’est pas un facteur). Pour décider quoi vendre, si vente il doit y avoir, le bon ancrage est le prix d’aujourd’hui $100 par rapport aux meilleurs estimés des justes valeurs marchandes. Vous consultez les rapports MorningStar et constatez que le potentiel de A est de $185 au cours des prochaines années et que dans le cas de B, la juste valeur du titre est de $105. Vous aurez déduit que vous vendez B, conservez A et faites une petite prière pour que les hypothèses et le calcul de l’analyste se matérialise quant à A. Les prix d’achats ne sont pas pertinents dans votre analyse. Laissez-moi vous demander maintenant une autre question. Cette fois-ci, il n’y a pas d’obligation de vendre quoique cela soit. Vous examinez votre portefeuille à la fin du mois et constatez que Eli Lilly & Co (LLY) se transige à 450 USD alors que sa juste valeur marchande est de 368 USD selon l’analyste. Le titre est à prime et se mérite 2 étoiles. Est-ce que vous vendez vos LLY? Quel est le point d’ancrage? Ma réponse est la suivante : le point d’ancrage est la politique de placement qui est de bien diversifier pour, à la fois, limiter les risques tout en s'approchant le plus des rendements des indices des marchés mondiaux. De ce fait, LLY contribue à la diversification parmi les PHARMAS et parmi l’ensemble des placements. Avec cette politique, il est inévitable que, sur une centaine de titres, certains seront à prime, d'autres à rabais ou à la juste valeur marchande à tous les moments. Puisqu’on n’a pas l’obligation de récupérer des liquidités ici, ne rien faire est une solution parfaitement acceptable et logique. D’ailleurs, ce qui est remarquable dans le cas de LLY, c’est que la juste valeur marchande a en fait augmenter progressivement au cours des cinq dernières années d’un peu moins de 100 USD en 2018 à 368 USD maintenant en 2023. La société s’améliore constamment et il eut été dommage de l’avoir vendu par exemple en 2021 sous prétexte qu’elle était à prime. En bref, soyons conscient de l’ancrage et assurons-nous de bien le choisir. Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie.

  • 108) Les coûts irrécupérables

    Les coûts irrécupérables qui nous font souffrir inutilement. Vous avez acheté deux billets à 150$ le siège pour un spectacle qui s’annonce inoubliable. À l’entracte, votre invité et vous réalisez que vous vous êtes trompés. C’est, somme toute, un spectacle intenable. Vous hésitez à quitter sur le champ ayant « investi » tant de sous pour ces billets. Une compagnie entreprend un projet de 2 millions $. À mi-chemin, après avoir investi 1 million $, elle réalise que la rentabilité de cet investissement sera considérablement inférieure à ce qui était prévu en première instance. La direction songe tout de même à le compléter incapable d’accepter qu’autrement une somme de 1 million $ sera « perdue à jamais ». Les États-Unis ont hésité longuement avant de se retirer de la guerre au Vietnam même s’il était évident qu’ils n’allaient jamais la gagner. La raison : nous avons investi tant dans cette guerre et tous ces efforts seront perdus. Dans ces trois exemples, les gens sont victimes d’une erreur, celle des coûts irrécupérables, auxquels ils attribuent une valeur. Je trouve que la langue anglaise est plus claire concernant ce que j’essaie de décrire, soit l’expression « sunk cost fallacy ». Bien sûr, il pourrait y avoir une raison de rester au spectacle pour la seconde moitié, peut-être que le programme prévu est différent comme concept de la première demie. Mais le coût des billets ne devrait pas être parti de l’équation ou pertinent. Quant au projet, on pourrait vouloir le poursuivre en changeant la conception de ce projet pour assurer la rentabilité et récupérer une partie des équipements déjà achetés. Mais le fait qu’un million $ furent investis, en soi, n’est pas une justification. Quant à la guerre au Vietnam, sa prolongation a sans doute causé beaucoup de souffrance inutile dans les « deux camps » peu importe les efforts passés, avec, en bout de piste, le repli américain. Pour un investisseur, l’erreur des coûts irrécupérables est souvent en arrière-scène dans les réflexions qui suivent la découverte d’un placement « problématique ». On hésite à ignorer ce que cet investissement a coûté. Logiquement, tout ce qui compte se rapporte au futur. Imaginons que « A » a reçu de son oncle des actions de la compagnie BASFY, la plus grande société de chimie au monde. Dans un sens, « A » pourrait bien considérer que le coût de ses actions est zéro. « A » se sent très à l’aise à les vendre « étant donné qu’elles ne lui ont rien coûté ». « B » a payé ses actions BASFY un prix à l’achat de 20 USD. Le prix courant du titre est de 13 USD. Il hésite à vendre compte tenu que ces actions lui ont coûté « tellement chères ». Dans les deux cas, vous aurez compris que la décision de vendre ou de ne pas vendre ne doit pas être basée sur le coût d’achat. Examinez le futur, dirons-nous à A et à B. Voici des raisons pour conserver les actions de BASFY : la juste valeur selon notre analyste préféré est de 18 USD (titre à rabais présentement), la réduction des ventes est temporaire et celles-ci retourneront à la progression typique des Produits Intérieurs Bruts dans les pays ou la société opère, BASFY a des avantages concurrentiels, les dividendes sont généreux, le concept d’usine de BASFY (appelé Verbund) est très performant dans toutes ses 6 usines et le projet d’une nouvelle usine similaire en Chine est prometteur, le focus sur les produits de spécialité (par rapport aux produits communs) réduira la proportion des profits victimes des cycles économiques mondiaux. Dans une politique de diversification, il est important de détenir des titres dans le domaine de la chimie et BASFY est certainement un joueur important et difficile à ignorer. Voici des raisons pour vendre BASFY : le concept d’usine de BASFY peut être répliqué, le prix de la matière première (les hydrocarbures) est incertain et peut réduire à la longue la marge de profit de BASFY si la société n’arrive à pas refiler ces coûts à ses clients, d’autant plus que l’avantage « usine » est fonction du prix de la matière première. Dans une politique de diversification, il existe d’autres sociétés dans le domaine de la chimie qui pourraient laisser une empreinte suffisante dans le portefeuille en l’absence de BASFY et être plus profitables. En rapport avec cette dernière raison, on doit se demander s’il y a présentement une autre occasion d’investissement qui surpasse BASFY en termes de potentiel qui pourrait accueillir les liquidités dans le cas ou les actions de BASFY seraient vendues. En somme, on voit bien que le coût d’achat n’est pas pris en compte dans ces décisions et n’a pas à être un facteur. Le futur de BASFY et sa place dans la politique de placement sont les éléments pertinents. Une meilleure alternative doit être identifiée pour remplacer BASFY s’il faut se départir de ce placement. Je vous rappelle que je suis un investisseur. Je partage ma stratégie d'investissement dans le but de vous aider à réfléchir et développer votre propre stratégie.

  • 0) Vous vous retrouvez liquidateur testamentaire d'une succession soudainement, un jour...

    Un être cher décède après une longue maladie ou soudainement dans un accident. Au milieu des premières étapes du deuil, un parent examine les lieux du défunt et survole ses dossiers. On recherche et on trouve un testament notarié. Quelques minutes suffisent pour découvrir que vous êtes la liquidatrice et on vous en informe aussitôt. Vous aviez un petit doute mais maintenant c'est confirmé. C'est la première fois qu'on vous désigne ainsi. Vous vous sentez honoré d'être choisie par cette personne mais aussi, un peu inquiète de cette nouvelle responsabilité. Vous cherchez refuge auprès de votre conjoint, d'un ami peut-être. Comment allez-vous assumer dignement votre rôle? Mettons les choses au clair. Ce rôle n'est pas de tout repos. Il peut même être ingrat. Certains héritiers pourraient critiquer votre travail. Des intervenants pourraient vouloir vous influencer vos décisions. On pourrait questionner votre autorité. Mais au fait, de quelle autorité parle-t-on? Prenons conscience que le leader de la succession, c'est le testateur. Je sais. Le testateur n'est plus là. Quand même, c'est lui, le testateur, qui est "le boss ou la boss". Le liquidateur est l'instrument du leader et son rôle est de mettre en oeuvre fidèlement les volontés du leader. Le liquidateur est à l'écoute des héritiers. Il est emphatique à leurs égards. Il est honnête et juste envers tous et chacun des héritiers. Suivant l'expression quasi légale, le testateur doit agir en "bon père de famille" dans ses décisions et ses actions. Cependant son domaine est celui du testament et son autorité dérive des volontés de la personne décédée. La liquidatrice n'est plus la soeur de ses frères ni l'ainée du testateur. Elle est la responsable qui fera que les choses arriveronnt comme le veut le testateur. Si le testateur vous a informé de votre éventuel rôle, il pourrait être opportun de lui demander son aide de son vivant. Comment? En lui demandant de produire un document d'orientation pour son liquidateur. Il pourrait même vous indiquer ou vous trouverez ledit document sans vous le montrer et qui idéalement sera mis à jour périodiquement. Voici ce dont vous aurez besoin. Les lieux ou on peut retrouver les dossiers importants et une idée de leur classement. Ceci inclut les certificats de naissance, les certificats de mariage, les jugements de divorce, les testaments, les relevés de cartes de crédit, les relevés des comptes en banque et d'investissement, le coffret de sureté, les passeports, les carnets santé, les cartes d'hôpitaux, les permis de conduire/immatriculation, les hypothèques, les contrats d'assurance-vie, automobile et demeures, les cartes de membres de club, les cartes d'assurance sociale et d'assurance maladie, les arrangements funéraires, les renseignements immobiliers et leur titres, les documents de pension, de la rente du Québec et Sécurité de la vieillesse, les détails concernant les CELI, REER/FERR, les déclarations de revenu des années passées, les créances et coordonnées des créanciers, les employeurs, les coordonnées des professionnels comme médecin, dentiste, avocat, notaire, conseiller financier. Le lieu de toutes les cartes "plastique" et les NIP's. Les documents de votre entreprise incluant l'incorporation, la fiscalité et la comptabilité. Un autre dossier très important aujourd'hui est celui de la présence numérique et surtout les mots de passe afin d'accéder aux multiples comptes (ultimement pour les fermer). Le testateur a peut-être des instructions spéciales facilitant le travail du liquidateur comme ses placements étrangers ou encore des orientations concernant son entreprise. Un dernier élément critique est celui de l'inventaire des biens. Le liquidateur devra faire un inventaire de tous les biens, ce qui inclut les investissements de toute nature, les biens immobiliers (demeure et chalet) et leur contenu, les créances, dettes, etc. Toute préparation à cet exercice par le testateur améliorera la qualité et la facilité de production du document par le liquidateur. D'ailleurs, la Chambre des notaires a préparé un excellent document pdf interactif appelé Patrimoine: Guide 360 avec un annexe qui est complet et versatile. Mais revenons à vous le liquidateur. Vous avez le testament en main et vous êtes prêt à agir. Malheureusement, vous ne le pourrez pas immédiatement. Il y a un chemin critique, un passage obligé auparavant. C'est que le testament que vous détenez, pourrait bien ne pas être le dernier. C'est du moins ce que la banque du décédé vous dira si vous désirez accéder aux comptes bancaires. Pour être liquidateur, il faut être désigné dans le dernier testament. Pour confirmer qu'il s'agit du dernier testament, il faut détenir les certificats de recherche du Barreau du Québec et de la Chambre des notaires du Québec, deux endroits ou la personne est susceptible de déposer son dernier testament. Qui plus est, pour faire les demandes des certificats de recherche (ceci peut être fait en ligne), il vous faut le certificat de décès ou l'acte de décès. Le premier est la version simplifiée du second. En principe, la maison funéraire devrait vous avoir aidé à remplir les formulaires (et réclamer les sous) pour faire la demande du certificat de décès et ou l'acte de décès. Sinon, il vous faudra initier le processus vous-même (là aussi avec internet). Ce certificat de décès est émis par le Directeur de l'état civil de la province. D'ailleurs la maison funéraire vous a invité à remplir la déclaration de décès à son intention. Le Directeur devra recevoir et analyser cette déclaration d'ailleurs car le processus n'est pas instantané. Il y a des délais dans toutes les étapes, souvent de plusieurs semaines. Concrètement, je suis au fait que pour donner suite à un décès à la fin du mois d'août, il a fallu attendre à la mi-novembre afin d'obtenir les certificats de recherche et être en mesure d'agir. Entre temps, vous possédez tout de même l'attestation de décès de la maison funéraire et certains gestes peuvent être posés en attendant. Il est possible que vous soyez impliqué dans l'organisation des funérailles ou même responsable. La maison funéraire est une ressource compétente et essentielle pour vous assister. Vous pouvez compter sur cette équipe pour soulever toutes les questions et obtenir de votre part les réponses. Prévoyez une période probablement plus longue que vous l'auriez anticipée. Initier la demande du certificat de décès avec eux. Obtenez le guide "Que faire en cas de décès du gouvernement du Québec". Recherchez plus tard la version fédérale de ce document plus tard par internet. En général, on vous donnera 45 jours pour payer les frais. Ceux-ci peuvent se situer entre $6,000 et $12,000 en 2022 dépendant de vos souhaits et des directives de la personne décédée. Sachez que vous pourrez convaincre la banque de la personne décédée de payer les frais directement à même les fonds du compte en banque du décédé sur présentation de la facture de la maison funéraire, jusqu'à concurrence de $12,000 (voir le guide page 57 à cet effet). Si vous êtes pressenti(e) comme liquidateur sans pouvoir l'être officiellement, il y a beaucoup d'interventions possibles. En utilisant l'attestation de décès de la maison funéraire, une référence au site web de la maison, votre statut (fille ainée, frère, etc.), vous pouvez écrire (idéalement) à plusieurs sociétés. Par exemple, il faut rencontrer la banque principale du décédé afin de "geler" les comptes. Votre lettre sera utile. Il en est de même des comptes de placement. Vous pourriez rencontrer Service Canada avec votre lettre. Écrire à la Régie des rentes du Québec. Il y a possiblement plusieurs fournisseurs de service comme le câble, les téléphones, les abonnements, les cartes de crédit, Hydro-Québec, les assurances vie, assurance automobile, la municipalité et la commission scolaire, etc. qui mériteraient d'être contactés. Ceci est particulièrement important si ces sociétés prélèvent des fonds du compte en banque à partir de prélèvements préautorisés. On peut déposer dans un compte gelé mais pas prélever. Un autre point important: vous avez peut-être la possibilité de faire l'inventaire des biens physiques comme la demeure et son contenu, les autres propriétés et leurs contenus, les automobiles. La question est souvent soulevée: combien précis doit être l'inventaire. Le but ultime est de donner une valeur marchande à l'inventaire afin de faciliter le paiement de créances et la distribution équitable des biens aux héritiers. On se sert de son jugement. Les vêtements ont peu de valeur et peuvent être décrits comme des ensembles mais les objets de valeur comme les bijoux, oeuvres d'art sont définitivement importants à inventorier en détails. Il y a bien sûr les objets ayant une valeur sentimentale. Il peut être difficile de donner une valeur monétaire à chaque article. Si le décédé a conservé les factures, cela peut être utile bien qu'il faille reconnaitre que l'article a probablement perdu une bonne partie de sa valeur. Internet peut aider à donner des références de prix. Pensez à l'estimation de la valeur d'un véhicule similaire sur le marché des véhicules usagés. L'estimé de la valeur de la maison portée au rôle de la ville est une autre donnée comme point de départ (s'il y a lieu, on peut obtenir un estimé du prix de vente de la maison par un professionnel). Les enjeux mentionnés plutôt représentent une somme substantielle d'efforts et de temps. C'est un passage obligé. Arrive le moment ou vous obtenez le certificat de décès et/ou l'acte de décès (plus complet). C'est le moment d'obtenir les certificats de recherche du dernier testament. On les obtient auprès de la Chambre des notaires et du Barreau du Québec, deux organismes qui sont susceptibles d'avoir été impliqués dans la préparation des testaments de la personne décédée au cours de sa vie. Les sommes demandées dans chacun des organismes sont raisonnables, environ 35$. De plus, il est maintenant possible de faire ces demandes par internet en consultant leurs sites web. Il faut s'y préparer en ayant les données sur la personne: numéro d'assurance sociale, adresse récente, date de naissance, date de mariage et nom du conjoint, certificat de décès en PDF et naturellement le testament en votre possession en version PDF. On demande de retracer les adresses précédentes sur une longue période de temps, ce qui peut vous demander une petite recherche préalable. Ayez votre carte de crédit en main. Une fois les demandes complétées, payées et transmises, vous obtiendrez une confirmation. Il faut attendre quelques semaines (typiquement 20 à 25 jours). Sur réception de ces documents. Vous avez reçu les certificats de recherche du Barreau et de la Chambre des notaires confirmant que vous détenez le dernier testament et confirmant que vous êtes le liquidateur testamentaire (autrefois l'exécuteur testamentaire). Vous devez aviser plusieurs intervenants pour les informer de votre statut et de la situation. Malheureusement le processus d'avis n'est pas uniforme. Certains permettent de le faire par internet à partir de leur site d'entreprise. Dans ce cas, il vous faut préalablement avoir digitalisé tous vos documents: testament, certificats de décès, certificats de recherche, des pièces d'identité qui vous concernent comme votre permis de conduire et passeport. Il serait bon d'avoir en main les documents se rapportant à cet intervenant, par exemple un relevé de compte de placements. De plus dans certains cas, la société peut vous demander "vos instructions". Un exemple d'instructions est ce que le liquidateur désire faire avec les placements, les liquider immédiatement ou encore les conserver "tels quels" sujet à des instructions plus tard (probablement la meilleure chose à faire soit dit en passant). Si le conjoint est décédé mais cité au testament, il pourrait y avoir lieu de présenter le certificat de décès du conjoint. Dans d'autres cas, il faut écrire avec essentiellement les informations ci-dessus. Un problème survient. Si vous soumettez le certificat de décès original, il faudra demander à ce qu'il vous soit retourné. Ceci introduit des délais. D'ou l'idée d'avoir aussi l'acte de décès, qui vous permettra de fonctionner pendant le temps ou le certificat de décès est absent. On conserve en tout temps un original. Appelez avant d'écrire afin de vous assurer d'être au fait des procédures et réduire les délais inutiles. Dans d'autres cas, il faut se présenter en personne. C'est le cas de la banque principale avec laquelle la personne décédée faisait affaire. De nombreux détails doivent être discutés. Notamment vous voulez les relevés mensuels, spécifier l'adresse de correspondance avec vous, vos coordonnées. S'il y a des comptes de placements, vous voulez aussi les relevés, faire sortir le bilan à la date du décès. Les mêmes documents mentionnés plus tôt sont requis afin de vous qualifier comme liquidateur, ne les oubliez pas. Vous pourriez en profiter pour ouvrir un compte chèque de fiducie testamentaire. En utilisant la même banque, cela facilite les transactions et la coordination. Il est parfaitement possible de faire affaire avec "sa" banque si on préfère pour le compte de fiducie. Parmi les intervenants, les plus importants sont: la banque, les endroits ou le décédé a des comptes de placements, l'Agence de Revenu du Canada, Revenu Québec, les Rentes du Québec, Service Canada, la Sécurité de la vieillesse, la compagnie d'assurance-vie, la Ville si la personne était proprio, la Commission scolaire, Hydro-Québec, les sociétés qui dispensaient une rente au décédé ou une rente lorsqu'à la retraite, les créanciers comme les cartes de crédit, l'hypothèque, prêt ou location de l'automobile, vignette de personnes handicapée, la résidence RPA s'il y a lieu. Il y a peut-être des intervenants que le liquidateur retrouvera dans le documents d'orientation laissé par le décédé (voir plus haut) Parmi les personnes impliquées, il y a bien sûr les héritiers. Il est nécessaire de les rencontrer en groupe afin de dévoiler le contenu du testament de la personne décédée. À strictement parler, il faut en faire la lecture. En premier, ils découvriront que vous êtes la personne désignée comme liquidateur. Cela sera une occasion pour résumer vos responsabilités, les limites de votre autorité et notamment votre rôle de "gardien" des volontés de la personne décédée. Si vous avez engagé les services d'un notaire, vous pourriez vous retourner vers lui pour lire le testament et l'expliquer au besoin. Il pourrait clarifier certains passages du testament s'il y a des questions. Cependant les héritiers devront bien comprendre le rôle du notaire. Il devrait d'ailleurs l'expliquer. Il devrait surtout vous supporter directement dans cette rencontre en appuyant clairement votre autorité afin de ne laisser aucun doute à cet égard. Il est sans doute préférable de se préparer à la rencontre avec les héritiers avant ladite rencontre. Par exemple, la journée précédente, question de préparer un agenda, anticiper les questions et s'assurer des messages qu'on désire laisser clairement. Une communication fluide et relativement fréquente avec les héritiers est souhaitable. Par exemple, une fois que l'inventaire global est raisonnablement complété, vous pourriez convoquer une rencontre de suivi afin d'en faire état. Il pourrait y avoir des points litigieux, notamment quant à la division des biens qui ne sont pas liquides comme une demeure. Cela pourrait être le moment d'en prendre acte devant tous et chacun et même explorer des pistes de solution acceptables. Par ailleurs, une idée qui s'est avérée particulièrement fructueuse est celle de rédiger des "Notes au dossier du liquidateur" hebdomadaires afin de résumer vos actions et vos progrès périodiquement. Cela va souvent consister en 5 à 10 articles résumés par une phrase et/ou un tableau sommaire. Cela va vous aider en tant que liquidateur. Vous pourriez distribuer par courriel ces "notes" afin de les informer du progrès et de réduire les questionnements de corridors. Dans toutes les successions, il y a des difficultés ou embuches. Comme liquidateur, écoutez, essayez de comprendre les différents points de vue, ne réagissez pas sur le champ en décidant par l'émotion du moment. Prenez 24-48 heures pour consulter et réfléchir. Il y a généralement des solutions acceptables qui respectent les volontés du testateur et qui peuvent bien satisfaire, dans certaines limites, les objectifs particuliers de chacun des héritiers. Dans votre boite à outil, souvenez-vous que pratiquement tout élément d'une succession peut se voir assigné une valeur monétaire, que l'argent est "fongible". De plus, vous avez la possibilité de faire progresser des dossiers à l'aide de l'unanimité des héritiers. Vous avez la technique de renoncement à certains droits par des héritiers. Certaines solutions peuvent demander un acte notarié. À titre de liquidateur, vous devez informer le public de l'existence de la succession dont vous êtes responsable. Ceci est facilité par le ministère de la justice via le Registre des droits personnels et réels mobiliers, connu comme le RDPRM. Il y a trois étapes qui sont exigées de votre part, trois interventions dans le temps. Premièrement vous devez informer le public que vous êtes le liquidateur. Puis, lorsque à votre satisfaction, vous devez informer le public que vous avez clôturé l'inventaire de la succession (notez que vous ne divulguez pas le contenu de l'inventaire auprès du RDPRM, seulement que vous l'avez complété) et finalement, lorsque vous avez distribué les biens aux héritiers, que vous avez clôturé la succession. Toutes ces étapes visent à informer les créanciers (qu'ils apparaissent ou pas à votre inventaire), les héritiers et ceux qui pourraient prétendre l'être et toutes autres personnes intéressées par la succession. Ils ou elles pourront ainsi entrer en contact avec vous. Vous évaluerez le mérite de leurs représentations et donnerez donc suite à celles qui sont légitimes en suivant les volontés par la personne décédée. Une fois que l'avis de clôture de la succession est porté au registre, personne n'a plus de recours. Toute personne qui ne s'est pas manifestée précédemment est alors réputée avoir accepté la distribution que vous avez mise en oeuvre. Il est de bon aloi, de publier simultanément dans le journal local de la résidence de la personne décédée, lors de la première étape au RDPRM, que vous êtes le liquidateur et qu'une personne intéressée peut vous contacter par écrit. Chacune des inscriptions au RDPRM coûte environ 50 $ par inscription et ne prend que quelques minutes à remplir. Une annonce dans une municipalité moyenne peut coûter 100$ pour une semaine. On trouve la bonne formule à utiliser en consultant le personnel du journal/courrier. Travaillez de façon organisée. Prenez quelques heures pour rassembler votre information vitale et créer vos dossiers dans un ordre qui vous est propre et familier. Idéalement, la personne vous aura laissé un document d'orientation comme mentionné plus tôt. Munissez-vous de votre ordinateur, de l'espace sur votre disque dur, une bonne clé USB et débutez votre travail "Sherlock Holmes". Localisez les cartes débit/crédit, les NIP si possible afin d'éviter la fraude. Localiser la liste des mots de passe et assurez-vous d'obtenir toutes les copies de ces mots. Obtenez une copie des rapports mensuels de l'année de tous les comptes en banque, d'investissements, de placements. Localisez et copiez les déclarations de revenus des années précédentes aux deux paliers de gouvernement. Localisez les contrats comme les hypothèques, les créances, les prêts, les titres de la maison, les assurance vie, auto, maison, etc. Examinez les multiples abonnements et les services comme électricité, gaz, internet, etc. Prenez en note les numéros de téléphone et les services à contacter, cela vous éviteras des pertes de temps. Méfiez vous de ce que vous pourriez oublier. Puis créez un document de suivi. Cela pourrait être un chiffrier ou encore un cartable. Créez un sous dossier par enjeu, ceci dans l'optique que vous aurez probablement à progresser avec chaque enjeu séparément sur une période de plusieurs mois, incluant des communications par téléphone/lettres ou vous soumettez des demandes et patientez pour avoir les réponses. Comptez un bon 30 à 50 enjeux. Il faut s'organiser si on ne veut pas s'embourber dans les détails et la mémoire qui oublie. Dressez aussi un inventaire physique en faisant une liste et en prenant des photos. Soyez précis sur les articles (les marques par exemple) afin d'évaluer la valeur des articles. Prenons exemple sur l'automobile. Avec la marque, l'année, le modèle, quelques caractéristiques vous pourriez donner une valeur à cette auto à partir d'internet. La fiscalité est un enjeu important dans une succession. Comme liquidateur vous êtes responsable que les déclarations soient produites conformément aux lois et que les cotisations soient acquittées aux justes montants. Compte tenu de deux paliers de gouvernement (fédéral et provincial) il y a six déclarations au total. Si la succession n'est pas complexe et que vous êtes familier avec les déclarations de revenus, il vous est possible de les produire par vous-même. Si cela n'est pas le cas ou que vous n'ayiez pas le temps de les produire, alors il faut enrôler un spécialiste (comptable ou fiscaliste) qui est familier avec ces dossiers. Dans les deux cas, il y a des notions importantes à savoir afin de réviser le travail de cette ressource et signer en toute confiance. Qu'elles sont ces notions? Pour le fisc, un décès engendre deux périodes sous considération, deux exercices comptables. La première débute le 1 er janvier de l'année du décès et se termine le jour du décès. La seconde période débute le lendemain du décès ou les biens de la succession deviennent la propriété de la fiducie testamentaire et se termine à la fin de l'existence de la fiducie, une fois que la distribution de tous les biens a été réalisée et que les obligations de la succession sont satisfaites entièrement. Voyons des éléments pour chacune de ces deux périodes. Pour la première période, il faut tenir compte de tous les revenus de la personne comme si elle existait et allait produire ses déclarations de la façon habituelle. Mais en plus, il faut tenir compte de la disposition présumée (on ne liquide pas les actifs réellement) de tous ses biens à la valeur marchande le jour de son décès. Les commentaires qui suivent s'appliquent à une personne sans conjoint. Donnons des exemples. Si la personne possède un REER ou un FERR, la valeur marchande de tout son contenu devra être déclarée comme un revenu pour l'année du décès. Si la personne possède un compte d'investissement non-enregistré, les titres sont présumés avoir été vendus le jour du décès et le gain en capital sur ces titres sera déclaré comme revenu de gain en capital également. Si ces placements comportent des obligations, il faudra déclarer les intérêts accumulés jusqu'au décès, même s'ils seront payés plus tard. Le CELI s'en tire bien puisqu'il est libre d'impôts et il n'y a rien à déclarer à ce chapitre. Une résidence secondaire comme un chalet engendre un gain en capital (ou perte) présumé et doit être déclaré. La résidence principale cependant jouit d'une clause d'exception. Si la personne décédée avant un conjoint légal alors on peut transférer le REER/FERR "tel quel" vers le REER/FERR du conjoint sans évènement fiscal. Il en est de même du CELI, qui conserve sa "qualité" de CELI d'ailleurs. Les comptes non-enregistrés sont également transférable sans impact fiscal mais au coût d'origine du décédé et non à la valeur marchande. Bref, dans le cas du conjoint, le fisc accepte de retarder la fiscalité jusqu'au décès du conjoint recevant tous ces actifs. Le gain en capital sur le chalet, cependant, doit être déclaré. Dans le cas de la deuxième période, sous la gouverne de la fiducie testamentaire, il faut déclarer les revenus sur les placements depuis le jour du décès jusqu'à la fermeture de la fiducie, typiquement un an après le décès. Par exemple, ce qui était le CELI n'est plus un CELI et les revenus devront être déclarés sous la fiducie. Veuillez noter que le coût des placements dans la fiducie est présumé être la valeur marchande au décès, ce qui est logique, puisque la fiducie ne veut pas payer les impôts sur ces placements une deuxième fois. Il peut se produire des situations inattendues. Par exemple, si la fiducie vend le chalet à un prix inférieur à la valeur marchande au décès, alors une perte en capital sera ainsi encourue. Suivant un article de la loi de l'impôt, il est permis, exceptionnellement, d'utiliser cette perte en capital pour réduire le gain en capital de la déclaration du décédé. Il en va de même pour les titres en bourse par exemple, si la valeur de ces titres chutent après le décès et avant la vente des titres en question par la fiducie. La fiducie utilise le formulaire T3 et la TP 646. Notez qu'il faut déclarer la prestation de décès du gouvernement du Québec de $2,500 en 2022 au niveau de la fiducie. Il se peut que la personne décédée soit propriétaire d'une société privée qui accueillait ses revenus professionnels par exemple, une "INC." comme on le dit souvent. Dans un tel cas, la succession devra probablement acquitter d'importantes sommes d'impôt en prenant possession de ces actions. Dans certains cas, le passif fiscal est tellement élevé qu'il faut considérer la vente ou la "liquidation/dissolution" de ladite compagnie. Dans ces cas, il est avisé de consulter un fiscaliste familier avec ces situations car il existe différents scénarios: a) liquidation b) liquidation et rachat des actions de la compagnie par la compagnie c) scénario "pipeline". De plus, si la personne décédée a un conjoint légal, ce conjoint peut accueillir les actions par héritage et retarder les évènements fiscaux jusqu'à son propre décès. En matière d'héritage numérique, il pourrait être nécessaire pour le liquidateur de vérifier si le défunt a exprimé des instructions et même écrit un inventaire. Par exemple, il est possible de léguer toutes les informations de notre compte Apple dont les photos. On consulte son téléphone à cet effet afin de découvrir si une personne a été désignée. On peut désigner également un contact légataire sur Facebook et demander à modifier notre profil pour les circonstances. On peut également désigner une personne de confiance en ce qui concerne le compte Google. Bref, ce sont des points importants que le liquidateur voudra connaitre et agir au besoin pour que les voeux du défunt soient exaucés. Il va de soi, également, d'obtenir la liste de tous les sites ou le défunt a créé un nom d'utilisateur, un mot de passe et peut-être même laissé des informations importantes comme la carte de crédit. Vos dossiers progressent bien. Vous voyez à l'horizon le moment ou vous pourriez "distribuer" aux héritiers. Cependant, il y a des préalables importants. Une distribution hâtive pourrait vous coûter des sous sur une base personnelle si vous n'avez pas obtenue les quittances et décharges requises. En premier, il y a les créanciers légitimes dont vous avez découvert l'existence en révisant les dossiers. Il est important de les payer et obtenir une "quittance" en bonne et due forme. Il y a les créanciers qui se sont manifestés lors de la publicité dans le journal local et dans le RDPRM. Il vous faut examiner leurs demandes, juger si elles sont bien documentées et légitimes. Dans ce cas, vous devez régler ces créances et obtenir les quittances. S'il se présente des créances que vous jugez illégitimes (par exemple, basée sur une prétendue promesse verbale du défunt) alors la situation requerra doigté afin d'expliquer votre point de vue et vos obligations de vérification diligente (par respect pour les héritiers légitimes et autres créanciers). Possiblement il vous faudra une consultation auprès d'un notaire et/ou un avocat pour vous aider à examiner toutes les avenues du problème et la jurisprudence. Une décision importante est de communiquer formellement votre décision ou de ne pas communiquer votre décision. L'enjeu peut impliquer une poursuite de ce prétendu créancier, lequel cas, vous devez avoir des fonds pour défendre la succession. Rappelez-vous que vous avez l'obligation d'agir en "bon père de famille". Espérez pour le mieux mais préparez-vous pour le pire. Les agences du revenu fédérale et provinciale sont des cas spéciaux. Il vous faut attendre les avis de cotisation de toutes les déclarations que vous avez produites concernant cette succession. Il vous faut décider si ces avis de cotisation vous satisfont entièrement et si oui, régler les sommes dues. Il est possible de contester un avis de cotisation. Ceci introduit d'importants délais cependant. Il y a matière à jugement. Un aspect important avec les agences est qu'elles vont vous aviser si des sommes sont dues pour les années précédant l'année du décès. C'est une situation qui mérite pleinement votre attention afin de vérifier les raisons et la légitimité de ces demandes. On peut demander et obtenir des "décharges" des deux agences de revenu afin de vous dégager totalement de votre responsabilité personnelle de liquidateur concernant les impôts du défunt et de la fiducie. Il s'agit du formulaire MR-14.A et TX19. Une fois ces certificats entre vos mains, s'il survenait quoique ce soit après la clôture de la succession, côté fiscal, cela serait alors les héritiers qui seraient responsables. Avant de distribuer, vous aurez peut-être à surmonter certains problèmes quant à la "division" des actifs. Par exemple, un chalet peut être difficilement partagé par tous les héritiers. Le défunt n'a peut-être pas laisser des indications. Des solutions s'imposent. Essayez de développer différentes options avec les héritiers. Un principe est que l'argent est "fongible". Par exemple, un héritier pourrait acheter le chalet à la juste valeur marchande et remettre ainsi les fonds pour distribution à la succession. Une partie de ces fonds lui reviendra. Un notaire s'impose pour vous aider dans la documentation appropriée d'un tel scénario. Si deux héritiers désirent le chalet, alors il est important de trouver une solution acceptable avant tout. Développez des options et discutez avec eux: pourraient-ils accepter d'être tous les deux propriétaires ou, à défaut, accepteraient-ils de participer à un encan en soumettant une offre à la succession et que le "meilleur gagne". Dans une situation conflictuelle, les héritiers devraient comprendre que vous pouvez décider de vendre le chalet en cas de non-résolution. Tous les préalables sont résolus, alors vous êtes prêt à distribuer les actifs de la succession. Il vous faut payer les dettes en premier si cela n'est pas déjà fait. Puis vous payer les héritiers sujets à des legs particuliers. Ce qui reste constitue le "résidu" et sera partagé suivant les voeux du défunt dans son testament. Dans cette dernière étape, on parle du "compte définitif". C'est le moment de présenter le contenu du compte en question et votre plan de distribution. Si les héritiers acceptent le plan, vous distribuez le résidu. Vous publiez également l'avis de clôture du compte du liquidateur au RDPRM. Vous prenez les dispositions pour fermer le compte avec la banque et fermer définitivement tous les autres dossiers, en particulier ceux qui doivent rester confidentiels. Vous êtes alors déchargé de vos responsabilités de liquidateur. Dans le cas contraire, il vous faudra vous adresser à un tribunal. Dans un tel cas, sollicitez de l'aide d'un notaire. Mot de la fin. Le présent texte se veut un témoignage particulier et n'est en aucun temps un avis légal ou professionnel. Il existe plusieurs moyens de parfaire vos connaissances et mieux jouer votre rôle de liquidateur. Le site de Éducaloi par exemple ou encore le site de la Chambre des notaires. Le Guide "Quoi faire lors d'un décès" est particulièrement pratique et utile.

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